top of page
Amitie fm.png

Le séisme du CPT et ses répliques

  • Photo du rédacteur: Amitié FM
    Amitié FM
  • il y a 19 minutes
  • 2 min de lecture

Le Conseil présidentiel de transition (CPT) devait incarner une réponse politique à l’effondrement de l’État haïtien. Il promettait l’apaisement, la restauration minimale de l’autorité publique et la préparation d’un retour à l’ordre constitutionnel. Aujourd’hui, le constat est sévère : loin de stabiliser le pays, le CPT a provoqué un véritable séisme institutionnel dont les répliques continuent d’ébranler la société haïtienne.


Le premier dégât est politique. En se constituant sur la base de compromis fragiles, souvent opaques, le CPT a renforcé la logique des arrangements entre élites au détriment de la légitimité populaire. L’absence de vision partagée, les querelles internes et les initiatives concurrentes ont transformé l’organe de transition en un espace de rivalités permanentes. Résultat : l’État parle d’une voix dissonante, incapable d’imposer une direction claire, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.


Le second dégât est institutionnel. Le CPT, censé combler un vide, a en réalité contribué à l’approfondir. En marginalisant certaines institutions existantes sans en reconstruire de nouvelles solides, il a accentué la confusion des responsabilités. Qui décide ? Qui exécute ? Qui rend des comptes ? Cette indétermination nourrit l’arbitraire et affaiblit davantage un appareil d’État déjà exsangue.


Les répliques du séisme se font surtout sentir sur le plan social et sécuritaire. L’incapacité du CPT à produire des résultats tangibles en matière de sécurité a laissé le champ libre aux groupes armés. Chaque jour, l’insécurité gagne du terrain, déplaçant des familles, paralysant l’économie et normalisant la violence. La transition, au lieu d’être un pont vers la stabilité, est perçue par beaucoup comme une parenthèse stérile, voire dangereuse.


À cela s’ajoute un dégât symbolique majeur : l’érosion de la confiance. La transition devait réconcilier les Haïtiens avec l’idée même de gouvernance. Elle a, au contraire, renforcé le scepticisme et la fatigue civique. Quand les promesses ne sont pas suivies d’actes, quand les délais s’étirent sans horizon crédible, la population se détourne, convaincue que les mécanismes politiques ne servent qu’eux-mêmes.


Pourtant, reconnaître les dégâts du CPT ne signifie pas céder au fatalisme. Un séisme, aussi destructeur soit-il, oblige à repenser les fondations. L’expérience du CPT révèle une leçon essentielle : aucune transition ne peut réussir sans légitimité sociale, sans clarté institutionnelle et sans priorité absolue donnée à la sécurité et à la justice. Continuer sur la même trajectoire, c’est accepter des répliques toujours plus violentes.


Commentaires


Abonnez-vous à notre newsletter

  • Facebook
  • Twitter
  • Instagram

Merci pour votre envoi !

© 2024 Amitié FM - Tous droits réservés

bottom of page