Trump relance la dénaturalisation comme arme politique contre les citoyens dont le dossier contient des fraudes
- Amitié FM

- 1 juil. 2025
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Une note récemment publiée par le ministère de la Justice sous l’administration Trump a formalisé une politique agressive de dénaturalisation ciblant les Américains naturalisés impliqués dans certaines infractions. Le document appelle à l’ouverture de procédures civiles dans les cas où la citoyenneté aurait été obtenue frauduleusement ou dissimulée sur la base de faits jugés importants.
Contrairement aux procédures pénales, ces actions civiles ne garantissent pas le droit à un avocat, tandis que le seuil de preuve requis est considérablement plus bas. Cette asymétrie juridique inquiète les défenseurs des droits humains, qui y voient une dérive vers une citoyenneté à deux vitesses.
La directive priorise des profils bien définis, allant des criminels de droit commun aux auteurs de crimes de guerre, en passant par les membres de gangs ou les fraudeurs économiques. Elle permet aussi de poursuivre pour des faits comme le mensonge sur des formulaires ou des accusations non encore jugées, laissant une grande marge de manœuvre aux procureurs.
Cette stratégie intervient alors que la division des droits civiques du ministère de la Justice, profondément remodelée par Trump, mène aussi des offensives contre les programmes de diversité et les politiques transgenres. Elle a même engagé des poursuites contre 15 juges fédéraux dans le Maryland pour avoir bloqué des expulsions de migrants, signe d’une volonté de rompre avec la tradition de retenue judiciaire.
Entre-temps, au moins un cas concret de dénaturalisation a déjà eu lieu : Elliott Duke, ancien militaire naturalisé, a été déchu de sa nationalité pour avoir dissimulé une condamnation antérieure. Des experts juridiques estiment que cette nouvelle pratique fait glisser le pays vers une logique d’exclusion politique et ethnique, maquillée en rigueur administrative.

Fritz Laventure





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