Rony Célestin : le système de contrebande décrit par l’ONU

Le cas de Rony Célestin continue d’illustrer, dans les rapports des Nations unies, la porosité entre activités économiques, contrebande et groupes armés en Haïti.
Dans son rapport final de septembre 2026, le Groupe d’experts rappelle que l’appui financier et logistique d’acteurs économiques constitue une source importante de revenus pour les gangs et renvoie explicitement à l’affaire de l’ancien sénateur.
Les conclusions détaillées concernant Rony Célestin figurent notamment dans le précédent rapport du Groupe d’experts, publié en 2024. Celui-ci avait décrit un réseau opérant dans la zone frontalière de Belladère et reliant des hommes d’affaires, des commerçants informels, des transporteurs, des agents des douanes et de la sécurité ainsi que des membres de gangs.
Selon le Groupe d’experts, Rony Célestin aurait figuré parmi les financiers du gang 400 Mawozo et d’un réseau criminel facilitant ses activités de contrebande.
Plusieurs sources confidentielles avaient décrit un mécanisme permettant à des camions transportant des marchandises de franchir la frontière en évitant certaines procédures de contrôle et de paiement des droits.
Le rapport de 2024 évoquait également le rôle des entreprises associées à M. Célestin dans la circulation et la distribution des marchandises.
Le Groupe d’experts avait affirmé que les bénéfices provenant des activités transfrontalières illicites étaient ensuite investis dans des activités économiques présentées comme légitimes.
Les enquêteurs avaient par ailleurs fait état d’au moins huit entreprises liées à l’ancien sénateur et de soupçons de blanchiment de revenus issus de ses activités transfrontalières.
Le rapport mentionnait également des acquisitions et des avoirs dont l’origine des fonds avait suscité des interrogations.
Le rappel de cette affaire dans le rapport de 2026 intervient alors que les Nations unies mettent de nouveau l’accent sur le rôle des acteurs économiques dans le financement des groupes armés.
Pour le Groupe d’experts, la lutte contre les gangs ne peut donc se limiter aux chefs armés : elle doit également viser les réseaux financiers et commerciaux qui permettent à leurs activités de perdurer.





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