Me Lionel Constant Bourgoin refuse son transfert à Jacmel
- Amitié FM

- 14 janv.
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Un conflit éclate entre le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me Lionel Constant Bourgoin, et le ministre de la Justice, Me Patrick Pélissier, à la suite d’une décision de le transférer dans la juridiction de Jacmel. Le chef du parquet de Port-au-Prince, en poste depuis juillet 2024, affirme rester ferme dans ses fonctions, refusant de quitter son poste malgré la lettre de transfert. L’installation de son successeur, Me Frantz Monclair, prévue le 13 janvier, n’a pas eu lieu, marquant le début d’un bras de fer entre les deux parties.
Bourgoin justifie son refus en invoquant l’article 10 de la loi créant le Conseil supérieur du Pouvoir judiciaire (CSPJ), qui stipule qu’un magistrat membre du CSPJ ne peut être nommé à un autre poste pendant son mandat, sauf en cas de démission préalable. « J’ai un arrêté en main, un mandat appuyé par cet article. J’attends de voir celui qui va me retirer à ce poste », a-t-il déclaré, soulignant son attachement au respect de la loi et des procédures. Il rappelle également avoir déjà démissionné d’un poste similaire après vingt-cinq jours, affirmant ne pas être « attaché à un job, mais au respect de la loi ».
Le commissaire du gouvernement rejette toute politisation de son rôle, insistant sur le fait que sa fonction est strictement judiciaire. « Si quelqu’un a un problème avec mes actions, il doit se présenter devant les instances judiciaires pour le résoudre. Ce n’est pas en changeant le commissaire du gouvernement que les ennuis judiciaires seront résolus », a-t-il déclaré. Il estime que les problèmes de sécurité actuels ne relèvent pas de la justice, mais des forces armées étatiques, qui doivent créer un environnement stable pour permettre à la justice de fonctionner efficacement.
Parallèlement, d’autres changements ont été opérés au sein des parquets de la République. Me Carl Giovanni Aubourg, commissaire du gouvernement par intérim près le tribunal de première instance de la Croix-des-Bouquets, a été remplacé par Me Guy Alexis. De plus, Me Charles Edouard Durant a été confirmé comme commissaire du gouvernement du Cap-Haïtien. Ces mouvements, confirmés par le ministre de la Justice, n’ont pas été explicitement justifiés, alimentant les spéculations sur les motivations derrière ces décisions.
Dans ce contexte tendu, Bourgoin réaffirme son engagement envers la justice haïtienne, qu’il considère comme « le dernier rempart contre l’arbitraire ». Il a juré devant le CSPJ de veiller au bon fonctionnement du pouvoir judiciaire en Haïti, une mission qu’il entend poursuivre malgré les pressions. Ce bras de fer met en lumière les tensions au sein de l’appareil judiciaire haïtien, où les enjeux de pouvoir et de légalité s’entremêlent dans un climat déjà marqué par des défis sécuritaires et politiques majeurs.

PLR





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