Martine Moïse exige une expertise médico-légale sur le cadavre de Wendelle Coq Thélot
- Jeff Rinvilien

- 14 janv.
- 2 min de lecture

Martine Moïse, veuve du président Jovenel Moïse assassiné en juillet 2021, a demandé une expertise médico-légale approfondie sur le cadavre de Wendelle Coq Thélot, ancienne juge à la Cour de cassation, inculpée dans le dossier de l’assassinat de son mari. Dans une correspondance adressée au Commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, ses avocats, Me Emmanuel Jeanty et Me Stéphanie Jean Pierre, ont qualifié de « suspectes » les circonstances entourant la mort « éventuelle » de Wendelle Coq Thélot, survenue le 11 janvier 2025 après plus de trois années de fuite.
Les avocats de Martine Moïse ont souligné qu’aucune information officielle n’a été fournie concernant le lieu de la cachette de Wendelle Coq Thélot, l’état de son cadavre ou les causes exactes de son décès. « Cette situation nourrit des doutes légitimes et des suspicions quant aux circonstances de sa disparition », ont-ils écrit. Ils ont également demandé l’ouverture d’une enquête sur les personnes ayant facilité sa fuite et son hébergement, afin de préserver l’intégrité de l’enquête en cours.
L’assassinat de Jovenel Moïse, survenu dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 en sa résidence privée à Pétion-Ville, reste l’un des crimes les plus médiatisés et complexes de l’histoire haïtienne. Wendelle Coq Thélot, ancienne magistrate, était l’une des figures clés du dossier, accusée d’avoir joué un rôle dans la planification de l’attentat. Sa mort, annoncée par des médias en ligne, intervient alors que le procès des autres accusés se poursuit, avec une dernière audience tenue le lundi 13 janvier 2025.
Les avocats de Martine Moïse ont invoqué l’article 34 du Code d’instruction criminelle (CIC) pour exiger une expertise médico-légale avant toute inhumation ou crémation du corps. « Une telle démarche est essentielle pour lever toute ambiguïté et préserver l’intégrité de l’enquête en cours », ont-ils insisté. Cette demande s’inscrit dans un contexte où l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse a été marquée par des retards, des accusations de corruption et des fuites de suspects.
Le dossier de l’assassinat de Jovenel Moïse implique plus de 40 suspects, dont des mercenaires colombiens, des Haïtiens et des Américains. Plusieurs personnes clés, dont des anciens membres de la sécurité présidentielle, ont été arrêtées, mais des doutes persistent sur l’implication de hauts responsables politiques et judiciaires. La mort de Wendelle Coq Thélot, si elle est confirmée, pourrait compliquer davantage une enquête déjà entachée de controverses.
La demande de Martine Moïse et de ses avocats reflète les défis persistants dans la quête de justice pour Jovenel Moïse. Alors que le procès se poursuit, cette affaire souligne l’importance de la transparence et de la rigueur dans les investigations, afin de garantir que tous les responsables soient identifiés et traduits en justice.

PLR





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