“Les États-Unis devront intervenir en Haïti”, selon James B. Foley
- Amitié FM

- 26 mars 2024
- 3 min de lecture

James B. Foley, qui a été ambassadeur des États-Unis en Haïti de 2003 à 2005, soutient que la situation en Haïti est une histoire qui se répète, en s'aggravant avec le temps. Il compare la récente rencontre en Jamaïque du secrétaire d'État Antony Blinken avec les dirigeants politiques et de la société civile haïtienne à un scénario similaire qu'il a vécu en tant qu'ambassadeur il y a deux décennies. Selon lui, une intervention américaine décisive a été essentielle pour éviter le désastre à l'époque, et pourrait être nécessaire à nouveau aujourd'hui.
En 2004, Haïti était au bord du chaos. Des gangs loyaux à l'ancien président Jean-Bertrand Aristide semaient la terreur, et un groupe d'anciens militaires dirigé par le seigneur de guerre Guy Philippe cherchait à renverser le gouvernement. Foley se souvient que ses efforts pour faire la médiation entre l'opposition et Aristide ont été rejetés. Il s'est alors concentré sur la prévention du coup d'État tout en poussant Aristide à contrôler ses gangs sans loi.
La situation était si grave qu'il était incertain de savoir quel camp l'emporterait et si la communauté internationale pourrait soutenir le gouvernement qui en résulterait. Lorsqu'Aristide a demandé l'aide des États-Unis pour fuir le pays, Foley a aidé son successeur constitutionnel à prendre le pouvoir. Cela, combiné à l'arrivée opportune des Marines américains, a permis d'éviter l'anarchie et d'établir un gouvernement intérimaire.
Foley soutient que le dysfonctionnement d'Haïti est un problème récurrent que les décideurs politiques américains doivent aborder. Le paysage politique du pays est caractérisé par un manque de confiance et de compromis, avec des acteurs politiques engagés dans une lutte de pouvoir sans fin. Malgré les politiques américaines, les problèmes d'Haïti persistent en raison d'un énorme décalage entre les capacités de l'État et les besoins de la société.
Aujourd'hui, les États-Unis tentent de mettre en place un arrangement politique transitoire. Foley suggère que cet effort est peu susceptible de réussir sans le soutien militaire américain. Cependant, l'administration Biden est réticente à participer à toute mission de sécurité internationale en Haïti. Cela, dit Foley, est un départ significatif de l'approche historique des États-Unis envers les Caraïbes.
Foley critique la décision, soutenue par l'administration Trump, de retirer tout le personnel militaire et policier des Nations Unies d'Haïti entre 2017 et 2019. Cette absence a conduit à l'effondrement progressif des institutions étatiques et a ouvert la voie à l'anarchie actuelle.
Étant donné la situation actuelle de sécurité, Foley estime qu'il est irréaliste d'attendre des solutions dirigées par les Haïtiens. Il suggère que la force de police du pays, actuellement en infériorité numérique et dépassée par les gangs criminels, pourrait ne pas être en mesure de prévenir une prise de pouvoir. Il craint que Guy Philippe, qui est revenu en Haïti après avoir purgé une peine fédérale pour blanchiment d'argent, puisse réussir sa tentative de coup d'État.
Si cela se produit, Foley avertit que les États-Unis seront confrontés à un État dirigé par des criminels et des narcotrafiquants à seulement 700 miles de la Floride. Même une administration indifférente à la souffrance en Haïti devrait faire face aux problèmes de sécurité et de maintien de l'ordre qui atteignent les côtes américaines.
Foley soutient que la situation dégradée pourrait ne laisser à Washington d'autre choix que de monter une opération abrégée pour supplanter les gangs et faciliter une transition politique.
Avec un nouveau gouvernement en place, les États-Unis pourraient rapidement transférer la responsabilité de la sécurité à la communauté internationale, potentiellement en évitant une débâcle et une intervention plus importante.

Fritz Laventure
Radio Amitié 104.7 FM





Commentaires