La Fondasyon Je Klere appelle au retrait du décret du 18 décembre 2025 sur la liberté d’expression en Haïti
- Amitié FM

- 17 janv.
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La Fondasyon Je Klere (FJKL) tire la sonnette d’alarme face au décret adopté le 18 décembre 2025 par le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), intitulé « encadrant l’exercice de la liberté d’expression et portant prévention et répression des délits de diffamation et de presse ».
Pour l’organisation de défense des droits humains, ce texte constitue une menace grave et directe contre l’un des acquis majeurs du 7 février 1986 : la liberté d’expression.
Adopté à moins de deux mois de la fin du mandat du CPT, ce décret confère à l’État des pouvoirs excessifs en matière de contrôle des médias, des réseaux sociaux et du journalisme.
Sous couvert de régulation, il introduit des restrictions vagues et disproportionnées, criminalise lourdement la diffamation et ouvre la voie à des poursuites abusives contre les journalistes, les défenseurs des droits humains et les lanceurs d’alerte.
La FJKL souligne notamment l’omission volontaire du droit de rechercher l’information, pourtant consacré par la Constitution haïtienne et par les conventions internationales ratifiées par Haïti, dont la Convention interaméricaine des droits de l’homme.
Cette omission fragilise le journalisme d’investigation et affaiblit la lutte contre la corruption.
Plus préoccupant encore, le décret permet l’arrestation de journalistes sur simple poursuite, sans décision judiciaire définitive, et remet en cause la protection constitutionnelle des sources journalistiques.
En criminalisant sévèrement la diffamation, en allongeant les délais de prescription et en renforçant les sanctions lorsque les critiques visent des autorités publiques, le texte favorise les poursuites-bâillons et instaure un climat de peur incompatible avec une société démocratique.
Pour la Fondasyon Je Klere, ce décret est inconstitutionnel, contraire aux engagements internationaux d’Haïti et porteur d’une régression démocratique rappelant les périodes sombres de l’histoire nationale.
L’organisation appelle solennellement à son retrait pur et simple et réaffirme que la liberté d’expression demeure la pierre angulaire de toute nation libre et démocratique.





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