La classe politique haïtienne peine à formuler une proposition consensuelle de sortie de crise
- Amitié FM

- 16 janv.
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À moins de quelques jours de l’échéance du 7 février, date censée marquer la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), la classe politique haïtienne peine toujours à formuler une proposition crédible et consensuelle de sortie de crise.
Or, cette attente n’est pas seulement nationale. La Communauté internationale, et en particulier la CARICOM, qui fut à l’origine de l’architecture de cette transition, observe, attend et évalue.
Entre-temps, certains membres du CPT offrent au public le spectacle peu reluisant de querelles internes, d’accusations croisées et de luttes d’influence à peine voilées. Cette désunion fragilise davantage une transition déjà contestée dans sa légitimité et son efficacité.
Par ailleurs, sur la table, plusieurs scénarios circulent.
Les uns plaident pour un retour à la Cour de cassation comme socle institutionnel. D’autres défendent l’idée d’un exécutif bicéphale, avec un président issu de la classe politique traditionnelle.
Certains, enfin, invoquent la continuité de l’État pour justifier un exécutif monocéphale ou une prolongation déguisée des arrangements actuels.
Cette inflation de propositions, loin de traduire une richesse démocratique, révèle surtout la primauté des intérêts particuliers sur l’intérêt général.
Chaque jour qui passe rapproche le pays d’un vide politique prévisible ou, à tout le moins, d’un énième bricolage institutionnel.
À défaut d’une position unifiée des acteurs politiques et sociaux haïtiens, le risque est réel de voir la CARICOM — et, avec elle, d’autres partenaires internationaux — reprendre l’initiative et imposer les termes d’une nouvelle transition. Ce sera une transition de plus, conçue ailleurs, acceptée faute d’alternative, et promise aux mêmes fragilités.
L’élite politique haïtienne est-elle encore en mesure de produire, par elle-même, une solution politique minimale, crédible et souveraine ? Ou assistons-nous, une fois encore, à l’échec de la concertation nationale, ouvrant la voie à une tutelle diplomatique de fait ?
Attendons voir. Mais l’histoire récente nous enseigne que l’inaction, en politique, profite toujours à quelqu’un d’autre.

F.L.





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