L’échec systémique du CPT, de Fanmi Lavalas et de Pitit Dessalines mis à nu
- Amitié FM

- 14 nov. 2025
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La contestation croissante contre le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) dépasse désormais le cadre des rivalités politiques. Elle met en lumière un dysfonctionnement profond où les acteurs clés de la transition qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition assument chacun une part de responsabilité.
Fanmi Lavalas et Pitit Dessalines, aujourd’hui parmi les plus virulents critiques du CPT, contribuent paradoxalement à un échec collectif dont ils sont aussi partie prenante.
Dans une note datée du 12 novembre 2025, Fanmi Lavalas parle d’« échec total » et réclame qu’à partir du 7 février 2027, le pays soit dirigé par « des gens sérieux ». Mais la formation fondée par Jean-Bertrand Aristide occupe une place centrale dans l’architecture transitoire : Leslie Voltaire siège au CPT et supervise le ministère des Travaux publics, Transports et Communications (TPTC). L’absence d’avancées notables dans ce portefeuille souligne les limites de l’engagement du parti, dont les critiques, bien que virulentes, renvoient aussi à ses propres insuffisances.
Même paradoxe du côté de Pitit Dessalines. Jean-Charles Moïse appelle au renvoi immédiat du CPT, dénonçant son incapacité à diriger le pays. Pourtant, son parti détient le ministère de l’Agriculture, un secteur crucial dans un pays confronté à une insécurité alimentaire aiguë. Ni relance de la production, ni renforcement des filières, ni politiques structurantes : le bilan demeure maigre, fragilisant la crédibilité de ses revendications.
Quant au CPT, il reste affaibli par des divisions internes, un compromis politique instable et l’absence d’une ligne directrice claire. Incapable d’instaurer l’autorité nécessaire ou de créer un consensus, il peine à remplir sa mission de stabilisation et d’organisation du retour à l’ordre constitutionnel.
Le triple échec du CPT, de Fanmi Lavalas et de Pitit Dessalines révèle finalement un malaise structurel : une classe politique incapable de transformer ses responsabilités en résultats concrets.
Dans cette crise devenue systémique, chacun dénonce l’échec commun sans parvenir à tracer une voie de sortie crédible.

Fritz Laventure





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