Insertion Demandée | Attaques en ligne : Majory Michel publie une déclaration publique
- Amitié FM

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Dans une déclaration publique datée du 11 mars 2026, l’ancienne ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, Majory Michel, dénonce une campagne de diffamation et de cyber-violence sexiste menée contre elle depuis plusieurs années. Elle y réaffirme son engagement pour la dignité des femmes dans la vie publique et appelle à un débat politique fondé sur le respect et la responsabilité. Radio Amitié publie ci-dessous l’intégralité de cette déclaration et invite ses auditeurs et lecteurs à en prendre connaissance.
DÉCLARATION PUBLIQUE
Je fais cette nouvelle adresse spéciale par devoir de vérité et par respect pour les principes qui doivent guider la vie publique dans toute société démocratique ou qui aspire à la démocratie.
Depuis près de cinq ans, je suis la cible d’une campagne négative systématique , de dénigrement, de diffamation et de cyber-violence à caractère sexiste à travers une émission politique en ligne devenue, au fil du temps, un véritable espace misogyne d’incitation à la haine : propagation de fausses informations, attaques personnelles et violence verbale dirigées contre les femmes.
On peut le constater : l'instigateur et l'animateur de cette emission titrée SE SA NOU VLE ont fait le choix de transformer l’espace numérique en tribune de règlement de comptes, où l’insulte remplace l’argument, où la diffamation tient lieu de débat, et où la haine des femmes devient un instrument d’audience.
Je ne suis pas la seule femme visée par ces pratiques à l'emission politique SE SA NOU VLE (Facebook, YouTube, TikTok...)
Mais l’acharnement dont je fais l’objet depuis plusieurs années n’est pas le fruit du hasard.
Il s’explique par un fait simple : j’ai dit NON, J'ai refusé de céder au chantage d'un politicien déguisé en "défenseur de droits humains".
J’ai dit NON aux pressions.
J’ai dit NON aux compromissions.
J’ai dit NON à toute forme de harcèlement sexuel ou politique.
J’ai dit NON à l’idée que les femmes engagées dans la vie publique doivent se soumettre pour exister.
Et je continuerai à dire NON à toutes les pratiques qui déshonorent la femme et la pratique politique.
Qu’il soit donc clair : refuser l’intimidation n’est pas un crime.
Dire non à l’abus de pouvoir n’est pas une faute.
Et aucune femme ne devrait être livrée à la vindicte publique pour avoir défendu sa dignité et sa conviction.
Pour ce qui me concerne, je parle avec la légitimité d’un engagement constant.
Depuis plus de vingt-cinq ans, je me bats pour la participation des femmes aux espaces de décision et pour combattre le machisme qui continue d’empoisonner notre vie publique.
J’ai eu l’honneur, une fois, de servir mon pays en tant que Ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes de 2009 à 2011, sous la présidence de René Préval. J’ai exercé cette responsabilité avec rigueur et je l’ai quittée la tête haute.
Deux mois avant la fin de mon mandat, j’ai moi-même demandé qu’un audit soit réalisé sur ma gestion.
La Cour Supérieure des Comptes, après verification et analyse, a rendu un avis favorable et le Parlement haïtien m’a accordé décharge comme responsable de deniers publics.
Ces faits sont connus, publics et vérifiables. Ils attestent que j’ai servi l’État avec intégrité, transparence et respect des institutions.
C’est pourquoi je le dis aujourd’hui avec calme et fermeté : *rien dans mon parcours politique ne justifie les campagnes de diffamation et de haine dont je fais l’objet.*
La cyber-violence sexiste n’est pas de la politique.
La misogynie n’est pas du patriotisme.
La diffamation n’est pas un combat pour le pays.
Dans toutes les sociétés, les campagnes de démolition dirigées contre des voix indépendantes répondent à une même logique : intimider, discréditer et détourner l’attention pour protéger des intérêts qui ne peuvent être assumés publiquement.
Mais l’histoire nous enseigne une chose simple : les manipulations ont toujours une limite.
On peut tromper l’opinion pendant un temps.
On peut tenter de salir une réputation.
On peut organiser le bruit et la confusion.
Mais on ne peut pas effacer la vérité.
Haïti mérite mieux que la politique de l’insulte et de la calomnie. Notre pays a besoin de débats sérieux, d’idées solides, de moralité politique et du respect de la dignité humaine.
Il est temps de réaffirmer une exigence simple : dans une démocratie, la parole publique doit être guidée par la responsabilité, et non par la haine.
Pour ma part, mon choix est clair:
Je resterai debout.
Je resterai fidèle à mes principes.
Et je continuerai à défendre la vérité, la dignité et le respect des femmes dans la vie publique.
Parce qu’au bout du compte, les campagnes de haine passent, mais l’intégrité demeure. La déliquance politique doit être bannie.
Je dis la vérité.
Et je l’assume.
Haïti, mercredi 11 mars 2026
Majory MICHEL, Ing.
Militante féministe pour l’autonomisation et la participation politique des femmes
Ancienne Ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes





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