Haïti satisfait aux objectifs du FMI malgré la crise
- Amitié FM

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Le Fonds monétaire international (FMI) et les autorités haïtiennes ont annoncé ce lundi l’achèvement de la troisième revue du programme de référence (Staff-Monitored Program, SMP), un accord informel visant à consolider la stabilité macroéconomique dans un pays frappé par une insécurité chronique et des chocs externes répétés.
Mené conjointement avec la Banque de la République d’Haïti (BRH) et le ministère de l’Économie et des Finances (MEF), ce programme a permis d’atteindre l’ensemble des objectifs quantitatifs fixés à fin décembre 2025, malgré un contexte de violence des gangs, de faiblesses institutionnelles et de tensions géopolitiques ayant fait flamber les prix du pétrole.
« Ces résultats mettent en évidence une progression continue dans la mise en œuvre des politiques économiques, tout en soulignant la nécessité de poursuivre les réformes dans la durée », a déclaré Camilo E. Tovar, chef de la mission du FMI, à l’issue d’une mission à distance achevée le 1er avril.
Le rapport salue notamment l’atteinte des cibles relatives aux réserves internationales nettes (1,76 milliard de dollars), au solde primaire, à la mobilisation des recettes, à l’absence de financement monétaire direct de l’État et aux dépenses sociales.
L’inflation, bien qu’encore élevée à 22,1 % sur un an, a nettement reculé après avoir culminé à 32 % fin 2025.
Face aux risques persistants – hausse des cours du carburant liée aux conflits au Moyen-Orient, conséquences de l’ouragan Melissa d’octobre 2025, et transition politique fragile – les autorités haïtiennes ont sollicité une prolongation du programme jusqu’au 19 juin 2027.
« Les chocs récents sur les prix du pétrole mettent en évidence l’importance d’adapter la mise en œuvre de la politique économique », a ajouté M. Tovar, tout en encourageant Port-au-Prince à utiliser une partie de ses réserves pour amortir les chocs et protéger les plus vulnérables.
Le FMI insiste sur l’urgence d’accélérer les réformes fiscales et douanières, notamment la mise en œuvre du nouveau code fiscal et l’amélioration de l’exécution budgétaire.
La BRH a par ailleurs renforcé sa gouvernance avec un nouveau cadre de gestion des réserves.
Les perspectives restent orientées à la baisse. Une aggravation de l’insécurité ou un non-renouvellement du statut de protection temporaire (TPS) accordé aux Haïtiens aux États-Unis pourrait tarir les transferts de fonds, vitaux pour l’économie.
À l’inverse, le déploiement de la nouvelle Force de répression des gangs (FRG) soutenue par l’ONU pourrait, s’il est efficace, restaurer la confiance.
Le programme de référence, qui ne requiert pas d’approbation formelle du conseil d’administration du FMI, sert de feuille de route pour établir des antécédents en vue d’un éventuel futur accord de crédit.
Sa prolongation vise à ancrer la stabilité alors qu’Haïti se prépare à organer ses premières élections générales en dix ans.





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