Haïti : quand l’ingérence étrangère devient un arbitre politique


En Haïti, l’ingérence étrangère ne se limite plus à une pression extérieure : elle tend désormais à s’imposer comme un véritable mécanisme d’arbitrage politique. Mais le phénomène révèle surtout une dépendance croissante des acteurs haïtiens eux-mêmes, qui sollicitent l’étranger pour trancher leurs conflits, organiser les élections, garantir leur légitimité ou encore influencer la répartition du pouvoir.
Cette situation traduit une profonde crise de souveraineté politique. À force de rechercher à l’extérieur des réponses à leurs contradictions internes, les élites haïtiennes contribuent à institutionnaliser une tutelle qu’elles dénoncent pourtant publiquement.
L’ingérence prospère là où les institutions nationales sont fragiles et où les acteurs politiques échouent à construire des compromis.
Sortir de ce cycle suppose de restaurer la capacité nationale à décider, négocier et arbitrer. Sans cette reconquête politique, toute transition restera vulnérable aux influences extérieures.


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