Haïti : Otage d'une stratégie calculée du chaos
- Amitié FM

- 18 août 2025
- 2 min de lecture

L'image d'Haïti en proie à une violence gangrenaire généralisée n'est pas le fruit du hasard ou d'une simple dérive sociale.
Les informations révélées pointent vers une réalité plus sinistre et plus calculée : la gangstérisation du pays ressemble à une stratégie délibérée, orchestrée par une oligarchie obsédée par le contrôle absolu du commerce.
Regardons les faits avec lucidité.
Lorsque le centre-ville de Port-au-Prince s'embrase et que ses rues deviennent des no man's lands impraticables, qui en profite ?
Ce sont précisément les importations vitales qui se retrouvent paralysées, verrouillées, tombant ainsi sous la coupe exclusive de quelques clans économiques tout-puissants.
Le chaos n'est pas un sous-produit malheureux ; c'est un outil de monopolisation.
Le même schéma se répète aux frontières.
Que les zones stratégiques sombrent dans le chaos armé, et une fois encore, le commerce légitime est étouffé, canalisé de force vers les mêmes réseaux qui tirent les ficelles de l'insécurité.
La désorganisation n'est pas un échec de l'État ; elle sert manifestement les intérêts de ceux qui entendent être l'État parallèle du commerce.
Cette stratégie perverse a un modus operandi clair : là où la loi et les institutions refusent de se plier à leurs diktats, les oligarques recourent sciemment au désordre armé. Ils financent, arment et manipulent les gangs, transformant la violence en instrument de politique économique.
Pour donner corps à cette entreprise de destruction nationale, ils s'appuient sur une classe politique dévoyée, devenue complice active et "proxénète" d'un système qui bafoue quotidiennement la souveraineté populaire.
Certes, la bête créée peut parfois échapper à ses créateurs. Les gangs, engraissés par l'argent et les armes, peuvent développer leurs propres logiques de pouvoir.
Mais cela ne change pas l'essentiel, le cœur noir du problème : Haïti est prise en otage par un pacte sordide, une symbiose mortifère où l'argent sale, la politique corrompue et la violence armée s'entremêlent pour asphyxier un peuple et piller une nation.
Il est impératif de nommer cette réalité. La gangstérisation d'Haïti n'est pas un accident, c'est un projet.
Un projet criminel au service d'une minorité prédatrice.
Tant que cette vérité ne sera pas pleinement reconnue et combattue à la racine – en ciblant les financeurs oligarques et leurs complices politiques –, les interventions sécuritaires ou humanitaires resteront des pansements sur une plaie gangrénée.

Fritz Laventure





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