Haïti : ne plus élire ceux qui ont pillé l’État


En Haïti, l’élection ne doit plus être une porte de sortie pour ceux qui ont déjà pillé l’État. Elle doit être un acte de rupture.
Trop longtemps, le scrutin a servi de passeport à des responsables que le peuple connaît : ceux qui ont vidé les caisses publiques, bradé les ressources nationales et laissé écoles, hôpitaux et routes à l’abandon.
Les mêmes visages reviennent, promettant changement, justice et reconstruction. Mais la mémoire collective n’est pas amnésique. Elle reconnaît les auteurs des souffrances et refuse que l’impunité se blanchisse dans les urnes.
La démocratie ne se réduit pas à élire. Elle exige des comptes. Avant de voter, il faut exiger la vérité sur les détournements, la restitution des biens mal acquis et la justice pour les victimes.
Que ceux qui ont failli répondent devant la justice avant de solliciter la confiance populaire. Sans cela, le cycle se répète : piller, promettre, se faire élire, puis piller encore.
Chaque élection devient alors une prime à la prédation.
Le changement ne viendra pas d’un bulletin complice. Il viendra d’un peuple debout, qui refuse de confier une nouvelle fois son avenir à ceux qu’il tient pour responsables de ses malheurs.
Voter pour la dignité, c’est choisir des candidats qui acceptent la transparence, rendent des comptes et servent l’intérêt général. C’est aussi construire des institutions capables de punir les pilleurs, quel que soit leur pouvoir.
Aux prochaines élections, que la mémoire soit une arme contre l’impunité. Que le vote ne soit plus le passeport des pilleurs, mais le mandat de ceux qui réparent, protègent et bâtissent.


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