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Haïti : l’OEA et l’ONU exigent des actions concrètes face à l’urgence sécuritaire et humanitaire

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    Amitié FM
  • il y a 6 heures
  • 2 min de lecture

Alors qu’Haïti traverse l’une des pires crises de son histoire, la communauté internationale a multiplié les gestes de soutien cette semaine, en dépit de l’indifférence dénoncée par les plus hautes instances onusiennes.


Mardi 16 juin, la ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, a reçu à la Chancellerie le représentant spécial de l’Organisation des États américains (OEA) en Haïti, Alberto Fohrig, accompagné de la représentante pays Catherine Pognat.


Cette rencontre a permis de faire le point sur la mise en œuvre de la feuille de route de l’OEA pour Haïti, la ministre plaidant pour l’établissement d’un calendrier précis afin de transformer les engagements en « actions concrètes et mesurables ».


Les deux parties ont convenu de l’urgence d’accélérer les efforts pour un rétablissement durable de la sécurité et de la stabilité.


Mme Forbin a présenté les actions du gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé : rétablissement de la sécurité, renforcement des institutions, organisation d’élections libres et transparentes, réinsertion des jeunes et réponse à la crise humanitaire.


Les représentants de l’OEA ont salué les progrès réalisés et réitéré leur disponibilité à accompagner Haïti dans les domaines de la sécurité, de la gouvernance démocratique et du processus électoral.


La conférence nationale des leaders religieux pour la paix a également été évoquée comme un levier de cohésion sociale.


La veille, le 11 juin, l’ambassadeur américain auprès de l’OEA, Thomas R. Rizzuto, avait conduit une délégation d’ambassadeurs à Port-au-Prince, réaffirmant l’engagement des États-Unis pour la stabilité et la sécurité du peuple haïtien, et soulignant l’importance de la coopération multilatérale.


Mais c’est le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, qui a livré le message le plus percutant à Port-au-Prince le 16 juin.


« La plus grande des disgrâces, ce n’est pas la violence des gangs. La plus grande des disgrâces, c’est l’indifférence », a-t-il déclaré, dénonçant un monde qui a « détourné le regard ».


M. Guterres a dressé un tableau alarmant : 6,4 millions d’Haïtiens ont besoin d’aide, près de 1,5 million sont déplacés, et 6 millions souffrent d’insécurité alimentaire sévère.


Depuis le début de l’année, la violence des gangs a fait plus de 2 300 morts et 1 100 blessés.


Le recrutement d’enfants par les gangs a triplé en un an, jusqu’à un membre sur deux étant un enfant.


Pourtant, le plan de réponse humanitaire de 880 millions de dollars n’est financé qu’à hauteur d’un quart.


« Haïti ne demande pas la charité, a martelé le Secrétaire général. Haïti demande que le monde tienne parole. Et Haïti ne peut pas attendre. »


Malgré tout, M. Guterres a voulu porter un message d’espoir. Il a salué le redéploiement de la Force de répression des gangs, soutenue par l’ONU, et la reprise des réunions du Conseil des ministres au Palais national après trois ans d’absence.


Il a appelé la communauté internationale à renforcer son soutien sécuritaire, à financer l’aide humanitaire et à accompagner la transition politique.


« Pour la première fois depuis des années, on aperçoit une lueur au bout du tunnel », a-t-il conclu.

 
 
 

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