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Haïti : entre chaos et faiblesse de l’État

  • 29 déc. 2025
  • 2 min de lecture

Haïti a basculé dans une guerre qui ne dit pas son nom. En l’espace de six mois, la violence a atteint un niveau tel que le pays ressemble désormais à un champ de bataille permanent, sans front clairement défini, sans armée officiellement déclarée, mais avec un bilan humain comparable à celui de conflits ouverts.


Plus de 2 680 personnes ont été tuées, près de 1 000 blessées et plus de 300 enlevées. Au total, les chiffres dépassent désormais les 3 000 morts, tandis qu’1,3 million d’Haïtiens ont été contraints de fuir leur domicile pour survivre.


Ces déplacés vivent pour la plupart sous des bâches de fortune, dans des conditions de grande précarité. La moitié d’entre eux sont des enfants, privés non seulement de sécurité, mais aussi d’éducation. Plus de 1 600 écoles ont fermé leurs portes, transformant la crise sécuritaire en catastrophe sociale durable.


Une génération entière grandit ainsi au rythme des rafales d’armes automatiques, dans l’angoisse quotidienne de la faim et de la mort.


Face à cette situation, l’Organisation des Nations unies dresse un constat glaçant. Haïti est décrite comme un « Far West » et un « enfer sur terre », un territoire abandonné où la loi du plus fort s’impose.


Les gangs armés et les groupes dits d’autodéfense agissent comme des prédateurs, exploitant le vide laissé par l’État. Les attaques répétées vident des villages entiers, forçant les populations à se déplacer et redessinant, par la violence, la carte du pays.


Dans de nombreuses zones, ce sont désormais les gangs qui assurent l’ordre local, imposant leurs règles, collectant des taxes illégales et rendant une justice arbitraire. L’État, absent sur le terrain, semble avoir abdiqué sa mission la plus fondamentale : garantir le droit de vivre.


Cette défaillance institutionnelle alimente un cycle infernal où la violence devient à la fois cause et conséquence de l’effondrement public.


La crise sécuritaire s’ajoute à une crise humanitaire majeure. Selon les estimations, 5,5 millions de personnes souffrent de faim aiguë. L’accès à la nourriture, à l’eau potable et aux soins de santé est de plus en plus limité, en particulier dans les zones contrôlées par des groupes armés.


Les violences sexuelles connaissent également une explosion alarmante, utilisées comme armes de terreur pour soumettre les populations et briser les communautés.


Haïti se trouve aujourd’hui à un point de rupture. Cette guerre sans nom, menée dans l’indifférence relative de la communauté internationale, détruit silencieusement un pays déjà fragilisé par des décennies d’instabilité politique, de catastrophes naturelles et de pauvreté extrême.


Sans réponse coordonnée, à la fois sécuritaire, politique et humanitaire, le risque est grand de voir ce chaos se transformer en effondrement total, laissant des millions de civils livrés à eux-mêmes dans un pays devenu méconnaissable.

Fritz Laventure

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