Haïti : des organisations féministes et plusieurs anciennes ministres dénoncent un recul au MCDF
- Amitié FM

- il y a 8 heures
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Une vive polémique secoue le secteur féministe haïtien après la révocation de Mme Sandy François à la Direction générale du Ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes (MCFDF).
Dans un communiqué publié le 9 mai, une vingtaine d’organisations féministes et plusieurs anciennes ministres et directrices générales condamnent la décision du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé de remplacer cette cadre expérimentée par Hermanex Gonzague Désir.
Les signataires estiment que cette décision fragilise davantage les droits des femmes et traduit un recul préoccupant en matière de représentation féminine dans les hautes sphères de l’État.
Selon elles, le nombre de femmes occupant des postes de direction générale tombe désormais à seulement trois sur dix-huit ministères, bien en deçà du quota constitutionnel de 30 %.
Le communiqué souligne que Sandy François cumule plus de trente ans d’expérience au sein même du ministère et qu’elle incarnait une continuité institutionnelle essentielle dans un contexte marqué par l’aggravation de l’insécurité et des violences sexistes.
Pour Pascale Solages, cofondatrice de Nègès Mawon, cette éviction survient à un moment particulièrement critique, alors que les femmes et les filles haïtiennes sont de plus en plus exposées aux violences liées à la crise sécuritaire.
Les organisations signataires rappellent que le MCFDF est le fruit de décennies de luttes féministes visant à inscrire l’égalité de genre dans les politiques publiques nationales. Elles appellent à une mobilisation immédiate afin de défendre cette institution, qu’elles jugent aujourd’hui menacée par des choix politiques incompatibles avec les engagements démocratiques et constitutionnels du pays.





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