Goncourt, IA et équité : la question qui dérange

L’affaire met en lumière deux usages de l’intelligence artificielle et deux traitements distincts.
Le Français Philippe Jaenada, lauréat du Goncourt 2026, reconnaît avoir utilisé ChatGPT pour une phrase, une moquerie et des recherches. Son prix n’est pas remis en cause.
L’Haïtien Thélyson Orélien, lui, conteste tout recours à la génération automatique de texte, mais son roman est écarté des sélections. Son éditeur, les Éditions du Boréal, affirme détenir de nouveaux éléments et décide de rompre avec lui.
Sans preuve formelle de racisme, ce contraste soulève néanmoins une question d’équité.
Une même pratique ne saurait être appréciée différemment selon le profil ou l’origine de l’auteur.
Le monde littéraire doit établir des règles claires : transparence sur l’usage de l’IA, distinction entre recherche, expérimentation et rédaction déléguée, ainsi que sanctions proportionnées et appliquées de manière uniforme.
Sinon, le doute risque de devenir une peine à géométrie variable, selon l’origine ou la réputation de l’écrivain.
Le débat sur l’IA est nécessaire. Mais il ne doit pas servir à masquer des hiérarchies anciennes. À défaut, une question continuera de déranger : le problème est-il vraiment l’IA ou le racisme ?





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