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Fiscalité et justice sociale : le pari du gouvernement pour réparer le tissu social haïtien

  • Photo du rédacteur: Amitié FM
    Amitié FM
  • il y a 3 jours
  • 2 min de lecture

L’intervention du ministre de l’Économie et des Finances, Alfred Fils Météllus, dans l’émission « Grands rendez-vous économiques » a mis en évidence une réalité sociale alarmante qui appelle des réponses urgentes. Derrière les chiffres macroéconomiques, c’est le quotidien de millions d’Haïtiens qui est en jeu : une population fragilisée par l’insécurité, la précarité et l’affaiblissement progressif des mécanismes traditionnels de solidarité. Le ministre a reconnu que l’économie ne peut être dissociée de la question sociale, tant les déséquilibres actuels menacent la cohésion nationale.


Les données avancées sont sans équivoque. Avec 34 % de la population vivant dans l’extrême pauvreté et près de 60 % sous le seuil de pauvreté, Haïti fait face à une urgence sociale majeure. Plus préoccupant encore, l’effondrement de la classe moyenne, passée de 7 % à seulement 2 %, traduit une société qui se polarise dangereusement entre une majorité vulnérable et une minorité capable de résister aux chocs économiques. Pour le ministre, cette réalité impose une refonte des politiques publiques afin de rendre la croissance plus inclusive et socialement utile.


Dans ce contexte, l’objectif de porter la pression fiscale de 5 % à 10 % du PIB ne relève pas uniquement d’un choix technique, mais d’un enjeu profondément social. En augmentant les ressources de l’État, le gouvernement entend renforcer sa capacité à financer les services publics essentiels — santé, éducation, protection sociale — qui constituent des leviers clés pour réduire les inégalités. Alfred Fils Météllus a insisté sur le fait qu’une fiscalité plus efficace doit avant tout servir à améliorer les conditions de vie des citoyens, en particulier des plus vulnérables.


La question de l’emploi a également occupé une place centrale dans son analyse sociale. Si la baisse des effectifs au Parc industriel de Caracol demeure une source d’inquiétude pour de nombreuses familles, les avancées enregistrées à la CODEVI offrent des motifs d’espoir. Le ministre a souligné que la relance de l’emploi, notamment à travers l’agro-industrie et les exportations, est indispensable pour redonner de la dignité économique aux ménages et freiner l’appauvrissement généralisé.


Par ailleurs, la transition annoncée vers un budget de programme vise à améliorer l’impact social de la dépense publique. En mettant l’accent sur les résultats plutôt que sur les seuls moyens, l’État ambitionne de mieux répondre aux besoins réels de la population. Cette approche, combinée au recadrage des institutions publiques et au renforcement des capacités administratives, est présentée comme une condition essentielle pour restaurer la confiance entre l’État et les citoyens.


Enfin, Alfred Fils Météllus a rappelé que la gouvernance économique ne peut réussir sans transparence et sans inclusion sociale. La mobilisation des ressources domestiques, la facilitation de l’épargne et le développement du marché financier — notamment à travers le lancement annoncé des bons du Trésor — doivent contribuer à créer un cercle vertueux au bénéfice de l’ensemble de la société. Pour le ministre, relever le défi fiscal, c’est aussi offrir à Haïti une chance de reconstruire son contrat social et de redonner espoir à une population durement éprouvée.


Valéry Félix

X :@Valeryfelix7

 
 
 

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