Douze janvier 2010, douze janvier 2026 : seize ans d’immobilité
- Amitié FM
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Le tremblement de terre n’a pas seulement fendu le sol ; il a mis à nu l’architecture d’un pays qui tenait déjà par habitude.
Ce jour-là, Haïti a compris que la catastrophe n’était pas un accident, mais la conséquence d’un État absent, d’une ville livrée à elle-même, d’un pacte social jamais honoré.
Depuis, nous avons confondu commémoration et action.
Les gouvernements se sont succédé, pressés de promettre, incapables de refonder.
On a reconstruit vite, mal, sans normes ni vision, comme si la mémoire pouvait être ensevelie sous le béton.
Les mêmes causes ont produit les mêmes effets : vulnérabilité, improvisation, violence.
Ce qui persiste est plus grave que les ruines. C’est l’habitude du provisoire, l’acceptation de l’anormal.
La terre s’est tue. L’État, lui, n’a toujours pas appris à se lever.
Le séisme véritable est désormais moral, institutionnel, politique, et profondément national.


