70 % des cartouches saisies chez deux gangs proviendraient des stocks de la PNH, selon l’ONU


Dans un rapport transmis au Conseil de sécurité le 3 septembre 2026, des experts des Nations unies alertent sur la présence récurrente de munitions et d’armes appartenant aux forces de l’ordre dans les arsenaux des gangs en Haïti. Ils dénoncent des détournements persistants au sein des stocks de la Police nationale d’Haïti (PNH), malgré les mesures prises contre certains agents impliqués.
Les experts citent notamment la saisie de 336 cartouches de calibre 7,62 × 51 mm auprès des gangs Jamesley et Krache Dife en 2026. Selon leurs conclusions, 70 % de ces munitions provenaient de stocks de la PNH détournés, ce qui soulève des questions sur le contrôle et la sécurisation des équipements de l’institution.
Le rapport fait état de policiers arrêtés pour corruption et trafic d’armes ou de munitions au profit de groupes criminels, notamment celui dirigé par Chalè, chef du gang de Tokyo. D’après les experts, certains agents revendraient des munitions inutilisées à des gangs, à des groupes d’autodéfense, à des entreprises de sécurité privée et à des particuliers.
Les enquêteurs de l’ONU ont également identifié des munitions de calibre 5,56 × 45 mm utilisées par des gangs et un groupe d’autodéfense, dont les caractéristiques correspondent à celles récemment importées par les Forces armées d’Haïti (FAd’H). La chaîne de possession de ces cartouches demeure toutefois incertaine, même si les experts indiquent qu’une partie des munitions acquises par l’armée aurait été transférée à la PNH.





Commentaires