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Vers un financement durable: le MEF s’organise pour renforcer la réponse d’Haïti face aux catastrophes naturelles

  • Photo du rédacteur: Amitié FM
    Amitié FM
  • 1 nov.
  • 3 min de lecture
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Haïti demeure l’un des pays les plus vulnérables au monde face aux catastrophes naturelles. Sa position géographique, la fragilité de ses infrastructures et les effets grandissants du changement climatique amplifient l’impact des phénomènes extrêmes. Selon le Germanwatch Global Climate Risk Index 2021, le pays se classe au troisième rang mondial des nations les plus touchées entre 2000 et 2019. Plus de 93 % de sa superficie et 96 % de sa population sont exposées à au moins deux aléas naturels majeurs.


Les conséquences humaines et économiques des désastres récents témoignent de cette réalité. Le séisme de 2010 a détruit l’équivalent de 120 % du produit intérieur brut (PIB) et fait plus de 220 000 morts. En 2016, l’ouragan Matthew a causé des pertes évaluées à 32 % du PIB. Plus récemment, le séisme du 14 août 2021 dans la péninsule du Sud a révélé une fois de plus la vulnérabilité du pays et la nécessité urgente d’une stratégie financière capable d’anticiper et d’atténuer les impacts économiques des catastrophes.


Une stratégie nationale pour mieux anticiper les risques


Conscient de ces défis, le gouvernement, à travers le ministère de l’Économie et des Finances (MEF), travaille à la mise en œuvre d’une Stratégie de Financement des Risques de Désastre (SFRD). Celle-ci vise à doter Haïti d’instruments financiers adaptés pour renforcer sa capacité de réponse rapide face aux crises. « L’impact financier des catastrophes ne doit plus compromettre la stabilité budgétaire ni le bien-être de la population », a déclaré un responsable du MEF, soulignant la nécessité d’une approche préventive et durable.


Cette stratégie repose sur plusieurs piliers : la collecte de données fiables sur la vulnérabilité des infrastructures, le développement de mécanismes de rétention et de transfert des risques, ainsi que la mise en place d’un cadre administratif et légal renforcé. Le MEF, la Direction de la Protection Civile (DPC) et d’autres institutions publiques y joueront un rôle central afin de garantir une meilleure coordination et une mobilisation rapide des ressources en cas de désastre.


Le principal défi reste la gestion transparente et efficiente des fonds mobilisés après une catastrophe. La SFRD prévoit de renforcer les dispositifs de suivi budgétaire et d’améliorer la coordination entre les institutions publiques et les partenaires internationaux. L’objectif est de rendre disponibles, dans les plus brefs délais, les ressources nécessaires aux interventions d’urgence, tout en évitant les réaffectations budgétaires improvisées.


Historiquement, le Fonds d’Urgence (FdU), créé en 1966, a constitué le principal mécanisme de réponse rapide de l’État. Financé par un prélèvement sur les salaires et des dons, il a permis, après l’ouragan Matthew, de mobiliser près de 19 millions de dollars américains. Toutefois, la fréquence et l’ampleur des catastrophes exigent désormais des solutions plus robustes et diversifiées.


Des instruments comme l’assurance régionale CCRIF SPC, dont Haïti est membre depuis 2007, ont déjà apporté environ 78 millions de dollars pour compenser les pertes liées aux séismes et aux ouragans. À cela s’ajoutent les appuis techniques et financiers de la Banque mondiale, du FMI et de la BID, qui accompagnent le pays dans le renforcement de sa résilience économique.


Une vision tournée vers l’avenir


Au-delà des aspects financiers, cette stratégie s’inscrit dans une dynamique de développement durable et de prévention. Elle complète les cadres déjà existants, tels que le Plan national de gestion des risques et désastres (PNGRD), le Plan stratégique de développement d’Haïti 2030 et la Politique nationale d’adaptation aux changements climatiques. Ensemble, ces initiatives traduisent la volonté de l’État d’intégrer la réduction des risques dans la planification économique et sociale du pays.


En dotant Haïti d’une meilleure capacité d’anticipation et de financement, la Stratégie de Financement des Risques de Désastre marque une étape cruciale vers une gouvernance plus résiliente. Elle offre une perspective d’avenir où la gestion des crises ne serait plus synonyme d’improvisation, mais de préparation et de responsabilité.

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Valéry Félix

𝕏 : @Valeryfelix7


 
 
 

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