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Quatre hommes de Floride reconnus coupables de l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse

  • Photo du rédacteur: Amitié FM
    Amitié FM
  • 8 mai
  • 2 min de lecture

Un jury fédéral de Miami a rendu son verdict cinq ans après le meurtre qui a plongé Haïti dans un chaos sans précédent.


Près de cinq ans après l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, un jury fédéral de Miami a déclaré coupables, ce vendredi 8 mai 2026, quatre hommes originaires du Sud de la Floride. Ils risquent la prison à perpétuité pour avoir conspiré en vue de tuer ou kidnapper le chef de l’État, abattu dans sa chambre le 7 juillet 2021.


Arcángel Pretel Ortiz (53 ans), Antonio « Tony » Intriago (63 ans), James Solages (40 ans) et Walter Veintemilla (57 ans) ont été reconnus coupables de cinq chefs d’accusation, dont la conspiration visant à fournir un soutien matériel à une entreprise terroriste et la violation de la loi américaine sur la neutralité. Cette dernière interdit à tout citoyen américain de mener une expédition militaire contre un pays en paix avec les États-Unis.


Les deux premiers sont les propriétaires de la société de sécurité CTU (Counter Terrorist Unit) basée à Doral. Solages était leur employé, tandis que Veintemilla, courtier en prêts hypothécaires, est présenté par l’accusation comme « l’homme de l’argent ».


Les procureurs ont démontré que le groupe avait recruté une vingtaine d’anciens soldats colombiens pour renverser Jovenel Moïse, avant que le projet de coup d’État ne bascule vers un assassinat pur et simple.


« Cette affaire est simple », a résumé le procureur Sean McLaughlin lors des réquisitions. « Elle repose sur l’avidité, l’arrogance et la soif de pouvoir. »


Selon l’accusation, les conspirateurs souhaitaient installer un président fantoche en Haïti, qui leur accorderait des contrats lucratifs de sécurité et d’infrastructures.


Pendant neuf semaines, le tribunal a entendu 40 témoins et examiné 8 000 gigaoctets de données, révélant des échanges où les complices qualifiaient M. Moïse de « rat » et de « voleur », et désignaient les armes comme des « outils ».


La première dame Martine Moïse, grièvement blessée lors de l’attaque, a témoigné avec émotion, décrivant des assaillants parlant espagnol et fouillant la chambre à la recherche d’un mystérieux document.


La défense a tenté de faire valoir que le président était déjà mort à l’arrivée des commandos colombiens, et que les balles présentées comme preuves auraient été plantées.


Les avocats ont également souligné que Pretel était informateur du FBI au moment des faits, suggérant une opération plus complexe.


Le jury n’a pas retenu ces arguments.


Le verdict met fin à une enquête tentaculaire qui a vu six co-conspirateurs plaider coupables avant le procès.


Un cinquième prévenu, Christian Emmanuel Sanon, médecin et pasteur haïtiano-américain initialement pressenti pour succéder à Moïse, sera jugé ultérieurement pour raisons de santé.


L’assassinat du président a plongé Haïti dans une spirale de violences des gangs, déplaçant près de 1,5 million de personnes et aggravant une crise humanitaire où un Haïtien sur deux souffre de la faim.


La condamnation de ce vendredi apporte une réponse judiciaire américaine, mais laisse entières les questions sur les commanditaires ultimes du crime.

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