Pourquoi en Haïti les sondages n’ont lieu qu’en période électorale ?
- Amitié FM

- 25 août 2025
- 1 min de lecture

Dans de nombreux pays dotés d’institutions solides, les sondages sont un outil indispensable pour mesurer la température de l’opinion publique sur tous les sujets : politique, économique, social, culturel. Ils servent à orienter les décisions gouvernementales, à guider les stratégies de l’opposition, à aider les médias à comprendre les tendances de la société.
Mais en Haïti, les sondages deviennent un outil occasionnel, qui n’apparaît que durant les périodes électorales, comme un instrument de publicité pour les candidats.
Ce phénomène a plusieurs causes.
Premièrement, l’absence d’institutions de sondage indépendantes disposant de moyens financiers pour fonctionner régulièrement. Beaucoup de sondages sont commandités par des acteurs économiques partisans qui cherchent davantage à influencer qu’à informer.
Deuxièmement, il existe une culture de méfiance : la population comme les élites perçoivent les sondages comme une manipulation plutôt que comme un outil scientifique.
Troisièmement, ni l’État ni les universités n’investissent dans des études systématiques de l’opinion publique, alors que dans d’autres pays, les sondages constituent une véritable industrie qui alimente la démocratie.
Résultat ?
Entre deux élections, Haïti vit dans l’obscurité : personne ne sait ce que pense réellement le peuple du gouvernement, de la crise sécuritaire ou du coût de la vie. La politique continue de se guider par les rumeurs, au lieu de s’appuyer sur des données.
Or, une société qui ne prend pas le temps d’écouter son peuple prendra toujours de mauvaises décisions. C’est pourquoi, pour construire une démocratie véritable, Haïti a besoin d’une culture du sondage permanente, indépendante, capable d’ouvrir les yeux des acteurs sur la vérité populaire, plutôt que de continuer à faire de la politique dans le noir.






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