« Le corps des femmes n’est pas une monnaie d’échange », nous dit Darline Desca
- Amitié FM

- 1 sept. 2025
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Dernière mise à jour : 1 sept. 2025

Darline Desca, à travers ses prises de position courageuses, met en lumière un problème de société profondément enraciné en Haïti : trop souvent, les femmes ne sont pas valorisées pour leurs compétences, leur intelligence, leur savoir-faire ou leur capacité à travailler, mais plutôt pour leur capacité à se soumettre à des rapports de pouvoir fondés sur l’échange de leur corps.
Ce phénomène, systémique et endémique, gangrène plusieurs secteurs de la société, y compris l’administration publique et le milieu artistique.
Il ne s’agit pas ici d’alimenter des polémiques stériles, mais de défendre une vérité que beaucoup vivent en silence.
Des milliers de jeunes femmes haïtiennes sont victimes d’un système où certains hommes, détenteurs de pouvoir, exploitent leur position pour imposer un rapport de domination sexuelle. Cette réalité est bien documentée.
Le rapport de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) de 2022 sur le harcèlement et les violences en milieu professionnel en Haïti démontre que près de 44 % des femmes interrogées affirment avoir subi des formes d’abus sexuels ou de pressions à caractère sexuel dans leur environnement professionnel¹.
Le secteur de la musique n’est pas épargné. Derrière les rythmes et les mélodies, des dizaines de jeunes artistes féminines tentent de percer dans un milieu souvent fermé, patriarcal, où la promotion de leur talent se heurte à des conditions humiliantes et inacceptables.
Darline Desca, par son engagement, devient ainsi une voix pour toutes celles qui ne peuvent pas parler. Une voix qui rappelle que les femmes doivent atteindre le sommet pour ce qu’elles valent, et non pour ce qu’elles cèdent.
La voix des femmes doit compter.
Trop de combats ont été menés, et parfois au prix de la vie – pour qu’aujourd’hui encore, les femmes soient réduites à leur corps.
Le féminisme haïtien, porté par des figures comme Yvonne Hakim-Rimpel, première journaliste féministe du pays, ou plus récemment Danielle Magloire, continue de revendiquer une société plus juste, plus équitable, où la femme peut évoluer librement, sans être prisonnière des désirs ou des caprices d’un système misogyne².
Il est temps de libérer l’évolution des femmes, de casser ces chaînes invisibles qui les enferment dans des rôles imposés.
Une société qui humilie ses femmes est une société qui se condamne elle-même à la médiocrité.
Me IKenson EDUMÉ
Professeur d’Université
Références :
1. OIT (Organisation Internationale du Travail), Rapport sur le harcèlement et les violences en milieu de travail en Haïti, 2022.
2. Magloire, D., La condition des femmes haïtiennes face à la violence et à l’exclusion, Presses de l’Université d’État d’Haïti, 2019.






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