La sociologue Michèle Oriol a vivement critiqué l'avant-projet de nouvelle Constitution haïtienne
- Amitié FM

- 12 juin 2025
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Lors de l'émission Panel Magik sur Radio Magik 9 (9 juin 2025), Michèle Oriol, ancienne secrétaire exécutive du CIAT, a vivement critiqué l'avant-projet de nouvelle Constitution haïtienne.
Elle dénonce une approche improvisée et déconnectée des réalités historiques et structurelles du pays, accusant le Comité de pilotage de légèreté en période de crise.
Son principal grief porte sur le traitement "irresponsable" de la propriété foncière.
Elle juge inapproprié d'inscrire un droit de préemption dans la Constitution, estimant qu'il relève de lois d'urbanisme spécifiques.
Cette disposition révèlerait une méconnaissance des mécanismes fonciers et risquerait de créer des conflits.
Elle rejette catégoriquement toute réforme agraire, rappelant l'échec catastrophique de 1993-1994 qui a, selon elle, "stérilisé" la vallée de l'Artibonite.
Dans un pays aux parcelles minuscules (0,30 ha en moyenne), elle ironise sur son absurdité pratique.
Oriol critique aussi la proposition d'introduire des gouverneurs départementaux, copie mal adaptée de modèles étrangers sans considération des réalités haïtiennes.
Elle déplore l'absence de bilan de la décentralisation issue de la Constitution de 1987, dont la mise en œuvre anarchique aurait livré les populations à des "petits chefs" sans contrôle.
Elle conclut en appelant à la cohérence, à l'expertise et au sérieux, dénonçant un texte "inacceptable" qui perpétue des erreurs aux conséquences mortelles (citant les 50 morts liés à la création de la commune des Arcadins).
Pour elle, cet avant-projet aggrave l'ingouvernabilité chronique d'Haïti.






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